Trop tard, vendu!
- Marie-Lise Vernet
- 30 avr.
- 1 min de lecture
Vendre une œuvre, c’est toujours un moment étrange.
Il y a d’abord la joie, bien sûr. Celle de savoir que ce tableau a trouvé un écho chez quelqu’un d’autre. Qu’il va continuer sa vie ailleurs, sur un autre mur, dans une autre lumière. C’est une al, a trouvé un écho chez quelqu’un d’autre. C’est une forme de reconnaissance silencieuse, mais puissante.
Et pourtant, derrière cette satisfaction se cache toujours une petite déchirure.
Chaque création porte en elle une trace de soi. Du temps passé, des hésitations, des élans, parfois même des doutes. On se souvient du premier coup de pinceau, des couleurs choisies presque instinctivement, des moments où l’on a failli abandonner… puis de ceux où tout s’est aligné. Un tableau n’est jamais seulement un objet : c’est une accumulation de sensations, de fragments de vie.
Alors, au moment de le voir partir, il y a ce mélange paradoxal. Une fierté sincère, mêlée à une forme de nostalgie. Comme si l’on disait au revoir à quelque chose qui nous appartient encore un peu, même après.
Mais c’est aussi ça, créer.
Accepter que ses œuvres ne nous appartiennent pas totalement. Qu’elles sont faites pour être vues, ressenties, interprétées… et parfois aimées par d’autres. Leur donner une nouvelle existence, loin de nous.
Et au fond, c’est peut-être le plus beau des voyages pour une création : quitter l’atelier, traverser d’autres regards, et continuer à vivre autrement.





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